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Gilles Zerlini

Épuration

En librairie le 9 avril 2021

Louis a quitté son village corse pour combattre sur le front en 1914. Survivant à l’holocauste, il rencontre à son retour Félicité. Ils s’installent à Toulon. Elle lui donne de nombreux enfants. Survient l’Occupation. Dans ce petit peuple mêlé d’ouvriers, marins, prostituées et michetons, tous vont s’aimer et se meurtrir à souhait dans l’espace clos de la ville fortifiée. Le temps est rythmé par le travail. Louis fréquente les bordels où il rencontre l’amour d’une femme. Les Allemands sont là, puis viendront les Alliés. La grande histoire déboule, transformant le quotidien des jours et du labeur des personnages en tragédie.

À travers le destin de ces personnages balayés comme fétus de paille, l’auteur, agissant en véritable « contrebandier de la mémoire », dessine un morceau inattendu d’Histoire, entre Corse et Provence.

Gilles Zerlini vit à Bastia, il est l’auteur de Mauvaises nouvelles (2012), de Chutes (2016) et de Sainte Julie de Corse et autres nouvelles (2019) parus aux éditions Materia Scritta. Son enfance dans un quartier populaire de Toulon, peuplé de marins, d’ouvriers et de prostituées, marque profondément son œuvre. Il fut entre autre chanteur de rock. D’autre part il connaît aussi très bien le monde rural, puisqu’autrefois berger. Il se définit comme un écrivain réaliste, et passe au crible la société de son île en jouant de ses contrastes, de son désespoir et de sa beauté. 

 


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Raphaël Nizan

Sous le ciel vide

En librairie le 18 septembre 2020

L’incendie de Notre-Dame survenu en 2019 plonge brutalement le narrateur dans le souvenir d’un épisode brûlant de sa jeunesse. Trente ans auparavant, il avait 18 ans et se tenait tout en haut des tours avec la belle Ayla, d’un an sa cadette. Rien ne les prédestinait à ce qu’ils allaient vivre, aller toujours plus loin dans le soufre des nuits parisiennes, se perdant toujours plus avant dans les creux et les failles sans fond des ombres qui peuplent les rues, les clubs, le Paris crasseux des hôtels bon marché et des squats. Deux enfants perdus dans les larmes et la rage, cédant frénétiquement à l’urgence de vivre, amants maudits cherchant tant la rédemption que d’échapper à l’absurde d’un monde, fuyant le désamour par le vol d’un amour plus puissant et peut-être, par la littérature.

Mais Sous le ciel vide c’est aussi la jonction entre deux époques, celle de la fin des années 80, qui a laissé toute une génération dans le néant, tiraillée entre la fin des idéologies et de l’espoir, et l’illusion d’une fête sans fin. 

Porté par une langue singulière dont les méandres hypnotisent le lecteur et l’emportent pour lui faire saisir au cœur la réalité d’une époque, ce roman fait surgir du bitume parisien le récit poignant d’une descente aux enfers. 

 

On ne sait rien de Raphaël Nizan si ce n’est qu’il est né à Paris, dans la première moitié des années soixante-dix. Très tôt en butte avec les siens et leur modèle social, il devient dès l’enfance, presque naturellement, adepte d’une école buissonnière, préférant les livres aux cours en classe et les expériences que la vie pourrait lui offrir aux promesses de diplômes et de carrières sûres qui l’effraient plus qu’elles ne le rassurent. La littérature est, aujourd’hui encore, sa seule fidélité et son seul horizon. 

 


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Alain Joubert Nicole Espagnol

Chroniques de la boîte noire

En librairie le 19 février 2021

Chroniques de la Boîte noire - Images-échos de Nicole Espagnol

Au début des années 2000, La Quinzaine littéraire de Maurice Nadeau a ouvert ses colonnes à une rubrique régulière d’Alain Joubert, intitulée La Boîte noire. Il y relatait une lecture particulière de certains romans noirs, – le plus souvent oubliés par la critique, s’interrogeant sur les liens avec d’autres œuvres ou situations, sachant que chaque événement contient par nature sa boîte noire, révélatrice du « masqué », du « dissimulé » ou de l’« inconscient » qui ont provoqué son existence. Pour l’auteur, une vérité non exprimée s’y dissimule et un nouvel éclairage pouvait donc en dessiner les contours. Aux quinze chroniques ici réunies (2002-2004), se sont ajoutés deux textes également publiés par La Quinzaine littéraire dans ses numéros spéciaux d’été de « l’écrivain en colère » (été 2002) et du « roman policier » (été 2003). 17 photos de Nicole Espagnol accompagnent, dans une sorte d’écho visuel, chaque début de texte.

Alain Joubert découvre le surréalisme en 1952 et, trois ans plus tard, rencontre André Breton. Il participe dès lors à toutes les activités surréalistes, revues, expositions, prises de positions politiques, manifestes collectifs, jusqu’à l’autodissolution du groupe décidée par la déclaration SAS, rédigée en 1969 à son initiative. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages, nouvelles, poèmes, essais, chroniques, parmi lesquels Treize à table-plus deux (L’Écart absolu, 1998), Le Mouvement des surréalistes ou le fin mot de l’histoire (Maurice Nadeau, 2001), Une goutte d’éternité (Maurice Nadeau, 2007), Le Passé du futur est toujours présent (Ab Irato, 2013), La Clé est sur la porte (Maurice Nadeau, 2016), Le Cinéma des surréalistes (Maurice Nadeau, 2018) ou encore, L’Autre côté des nuages (Ab Irato, 2020). Alain Joubert nous a quitté le 23 avril 2021, victime du corona.

978-2-86231-295-8  19 €

 

 


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Franck Renevier

Le conte de la caravane perdue

En librairie le 14 mai 2021

Un archiviste de la ville imaginaire d’Alika, en Algérie, retrouve les traces de la fondation de sa ville à l’endroit où eut lieu la résidence forcée de deux caravanes de marchands venues de Tunisie, au moment de la conquête de l’Algérie par la France. Le manque de femmes dans cette société confinée va produire un phénomène inédit en pays musulman : une sorte de matriarcat qui va durer le temps d’une génération. Cette découverte – qui heurte les autorités conservatrices actuelles – va bientôt rendre célèbre l’archiviste Mohamed Bourrichi dans l’Algérie contemporaine et déterminer son ascension à la tête d’un état algérien de fiction. En résumé, un récit plein d’humour très documenté, doté de toute la poésie du conte oriental.

Orphelin de père, Franck Renevier a été élevé par son grand-père, le préfet Georges Zerbini, corse et pied-noir. À l’instar de Camus, sa famille a toujours milité pour une indépendance multicommunautaire de l’Algérie. Sociologue et designer, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Le trou du souffleur (Seuil) ou Livre de recettes pour les amoureux en difficulté (Grasset).

 


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Paule Andrau

Violence(s)

En librairie le 10 septembre 2021

Au début, elles étaient trois, une trinité niée, une trinité sans autre lien que la souffrance et le lieu de souffrance où elles se trouvaient rassemblées, l’hôpital. Elles n’ont pas de nom : elles en ont si peu pour les autres, comment en auraient-elles un pour elles-mêmes ? Mises bout à bout, les bribes de leur destin se sont constituées en un continent sinistré : paroles de femmes jamais dites, bruits intérieurs aux femmes quand elles se taisent, quand elles deviennent invisibles aux autres, quand elles attendent. Car elles passent leur vie à attendre : leurs hommes, leurs enfants, leur vie même. Attendre. 

Et cette trinité, paradigme de la femme moderne, s’est étoffée : elle s’est trouvée des disciples, douze autres, celles niées, rabaissées, humiliées, frappées, violées, torturées, avant d’être tuées, juste parce qu’elles «?sont femmes?», celles dont on parle dans nos journaux et qu’on oublie mais dont le cri de mort retentit sans cesse tout au long de la journée des autres femmes. À travers ces paroles, ces cris interdits par toutes les conventions et les représentations de la femme qu’on diffuse au quotidien, elles témoignent de la violence qu’appelle partout cet «?état de femme?». Toutes, même celles dont on dit qu’elles «?ont réussi?», savent combien d’épreuves elles ont dû surmonter au nom du «?genre?» auquel elles appartiennent.

Ce roman qui les arrache à Twitter et Facebook les fait entrer dans la littérature pour ce qu’elles sont : des héroïnes du quotidien que sauvent leur courage et leur force de résilience, au bout du chemin. 

Agrégée de lettres classiques et professeur de chaire supérieure, Paule Andrau a longtemps enseigné la littérature. Elle n’a pas écrit jusqu’ici : un travail passionnant, une famille, une maison, et peut-être aussi des barrières longues à tomber. Quand c’est venu, c’est venu par lambeaux, des bribes de destins sur les tickets de caisse des grandes surfaces. Elle a orchestré cette “partition” en imaginant ces histoires morcelées et inaudibles. 


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Jean-François Laguionie

Le peintre et le gouverneur

En librairie le 5 mars 2021

Zoltan, le narrateur veut « peindre la vie ». Mais la vie a-t-elle une fin ?... Le directeur de l’école des Beaux-Arts se voit obligé de le renvoyer, car cela est considéré comme dangereux. Libre de toute attache, Zoltan part à l’aventure vers le sud avec sa boîte de peinture. Étranger dans un pays non identifié, sans permis de séjour, il peint indéfiniment un paysage avec passion, jusqu’au moment où le gouverneur de l’endroit entend parler de lui...

Zoltan se trouve alors chargé de faire son portrait. Une proposition impossible à refuser dans ce pays sous contrôle policier. Heureusement pour le peintre, désormais confiné dans un univers kafkaïen, l’homme qu’il est contraint de peindre semble possédé par une quête analogue à la sienne... Un face-à-face étrange, d’essence surréaliste, qu’apprécie différemment Véra, l’amie du peintre... 

Le Peintre et le Gouverneur nous décrit avec beaucoup de finesse l’univers intérieur d’un artiste dans son désir de peindre la réalité.

Auteur de romans et de nouvelles – La vie agitée des eaux dormantes (Folies d’encre), Louise en hiver (Éditions Delatour) – Jean-François Laguionie a fait des études de dessin et de théâtre avant de créer un studio de films d’animation dans les Cévennes. De 1963 à nos jours, il a collectionné de nombreux prix, dont la Palme d’or du court-métrage de Cannes pour La Traversée de l’Atlantique à la rame, dont il a été tiré un album chez Gallimard-Folio. L’auteur vit en Bretagne depuis 2005.

 


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