Rentrée littéraire en librairie le 2 septembre 2025.
Ïssa Walther, de mère algérienne et de père officier nazi, est recruté en 1958 par un réseau allemand de soutien au FLN, pour organiser et structurer la désertion des légionnaires. Agent sous couverture, il partage son temps entre l’enseignement du Coran aux enfants de Béchar et des opérations d’exfiltration à la frontière marocaine. Soldat rigoureux et entraîné, il est aussi un être spirituel et sensible.
L’histoire de L’Armée des frontières évoque un épisode méconnu de la guerre d’Algérie dans un récit d’action où la vision poétique domine.
Paul de Brancion est poète et romancier. Il est aussi agriculteur bio, cavalier, dirigeant d’entreprise, producteur de radio. Il a publié Le Château des Étoiles, (2005), Ma Mor est morte (2011), Qui s’oppose à l’Angkar est un cadavre (2013), L’Ogre du Vaterland (2017), Black-out (2023). Il est rédacteur en chef de la revue Sarrazine et directeur artistique de L’Ours et la Vieille grille, café culturel parisien. Il participe à de nombreux festivals en France et à l’étranger.
Christiane Chaulet Achour a publié le 18 juin 2025 un article de fond "L'Armée des frontières" dans Collateral
Paul de Brancion : Un épisode inattendu de la guerre d’Algérie
Elle revient avec beaucoup de détails sur les faits historiques dont s'est inspiré Paul de Brancion.
Extrait : Paul de Brancion a gagné son pari d’intéresser le lecteur d’aujourd’hui à ces faits et acteurs anciens, méconnus, de la guerre algérienne de décolonisation. Si on ralentit parfois sur les leçons coraniques, en règle générale, cette fiction se lit bien et dévoile une complexité que toute guerre doit nourrir. Et du côté algérien, il a voulu aussi approcher la figure de Boussouf « créateur du MALG, service de renseignement du FLN ».
Ayant participé, en novembre 1993 à la marche dans la forêt de Tikjda en l’honneur de Mustapha Mu?ller qui venait de mourir, j’ai été très intéressée par les masques et les détours de la fiction. Il faut dire que le travail de comparaison entre document et fiction est grandement facilité par la « Postface explicative » qui termine l’ouvrage.
Le romancier signale ce qui l’a alerté et qui lui a donné le désir de ce roman : un article de Jacques Follorou sur les assassinats ciblés par l’Etat français pendant la guerre d’Algérie, dans Le Monde du 5 septembre 2017 : « Un document signé Jacques Foccart établit la pratique des assassinats ciblés de l’Etat français », article qu’on peut lire sur le net : https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/09/05/enquetesur- un-permis-de-tuer-signe-jacques-foccart_5181120_1653578.html
Si Franz Vechta emprunte son parcours à Winfried Mu?ller dit Si Mustapha, le romancier n’en n’a pas fait son protagoniste. Celui-ci, Ïssa, il l’a inventé, au carrefour de plusieurs inspirations : « Il a une identité multiple, soldat rigoureux et entraîné, et être spirituel, sensible, fervent lecteur de textes théologiques. Il est à la fois homme d’action et amoureux de la sieste, de la contemplation, d’ailleurs le livre a eu longtemps pour titre " la possibilité d’une sieste" ».
Le romancier a beaucoup lu et donne ses références. Mais il a voulu reprendre aussi « de nombreux traits d’agents ayant véritablement été les acteurs de ce combat de l’ombre, vrais protagonistes de cette guerre secrète : Wilhelm Schulz-Lesum, Winfried Mu?ller devenu officier dans l’Armée de Libération Nationale sous le nom de Si Mustapha Mu?ller ».
Sur le site de Mare Nostrum de Jean-Jacques Bedu, https://marenostrum.pm/selection-romans-prix-2025/ "L'Armée des frontières" fait partie de la première sélection du Prix Mare Nostrum Roman méditerranéen. : "Dans L'Armée des frontières, Paul de Brancion compose un roman dense et vibrant, à la lisière du récit historique et de la méditation spirituelle.(...) À travers une écriture à la fois sobre et incantatoire, l'auteur explore la multiplicité des identités, la complexité du courage, et les formes possibles de la foi. Le roman tisse subtilement l'action et La contemplation, l'atrocité de la guerre et la beauté des textes sacrés. Il interroge sans relâche la frontière - géographique, spirituelle, morale - et la franchit pour mieux la déconstruire."
CHRONIQUES NOIR ET ROUGE PAR SYLVAIN BOULOUQUE
L’ALGÉRIE INTERLOPE
Sous la forme d’un roman, Paul de Brancion revient sur un épisode méconnu de la guerre d’Algérie. À travers le personnage fictif d’ïssa Walther, le fils d’une Algérienne et d’un officier nazi, membre des services d’espionnage allemands, le BND (le service fédéral de renseignement), il montre la rivalité entre les services secrets français et allemands et le soutien de la RFA au Front de libération nationale alors qu’officiellement ce pays soutient la lutte contre le FLN. Quelques milliers de légionnaires ont déserté et ont été rapatriés en Allemagne. ïssa Walther agit sous couvert d’un enseignement religieux pour permettre à la filière d’évasion des soldats réfractaires de se développer. Mais le personnage est interlope, l’auteur lui fait croiser des trotskistes travaillant pour le FLN, d’anciens combattants de la guerre d’Indochine prêts à utiliser la torture. Il se rend à la synagogue au nom d’un oecuménisme apparent mais qui cache une volonté commune de lutter contre les essais nucléaires dans le désert algérien. Bref, un roman aux dimensions multiples où la réalité et la fiction se confondent.